Bonjour tout le monde. 

J'espère que vous allez toutes bien aujourd'hui. 

Moi ça va mieux que cette nuit alors me voilà pour vous parler du cancer ou plutôt de celui qui m'a frappée. 

Je devais vous en parler hier suite à la journée mondiale du cancer mais hier soir je souffrais trop. 

En plus pas de photos aujourd'hui car mon blog ne veut plus les prendre. D'après mon fils c'est parce que la mémoire de stockage du blog est pleine  mais je ne sais pas comment faire pour y remédier. Il faudrait que je supprime toutes les photos de mes anciens messages. Tu parles d'un truc toi. 

Donc pas de photos aujourd'hui. Remarquez illustrer un cancer ce n'est pas vraiment alléchant. 

Alors par où commencer. Le début. 

À ce moment là en 2010,  je travaillais avec une amie dans une petite boutique de primeurs que nous avions ouvertes ensembles. Il y faisait très froid et j'ai contractées une grosse bronchite et une angine plus une laryngite. Donc plus de voix. Et cela durant très longtemps. J'avais beau prendre les médicaments prescrits, ma voix ne revenait pas. 

Mon médecin de famille à donc décidé de m'envoyer au CHU de Poitiers pour une biopsie qui n'a rien donné. Trois biopsies plus tard, toujours pas de solutions et toujours pas de voix. Donc mon médecin, toujours le même, devant l'incompétence de Poitiers, à décidé de me faire voir à un confrère ORL de Bordeaux, le Dr Carrat. 

Donc il m'a hospitalisée dans sa clinique pour une énième biopsie de la gorge. Nous étions déjà fin juillet. Je suis restée sans nouvelles pendant plusieurs semaines et un mercredi d'août, je venais de rentrer chez moi et j'y 'étais seule lorsque mon téléphone a sonné. 

Là, surprise, j'entends une voix féminine. La secrétaire du Dr Carrat qui me demande si je me souviens que je dois être à la clinique le lendemain soir pour mon abblation du larynx prévue pour le vendredi matin. 

Là vous imaginez ma surprise. Une abblation du larynx ! Et on me dit ça comme ça, sans même prendre de précautions. 

Donc je répond abasourdie, comment, mais de quoi parlez-vous ? Je ne suis pas au courant. 

La secrétaire très gênée me demande d'attendre un instant et là le Dr Carrat me prend en ligne et m'explique qu'il ne comprend pas pourquoi je n'ai pas reçu le compte rendu de la biopsie et ma convocation. 

Non, non pas du tout mais que se passe t-il ? 

En fait vous souffrez d'un carcinome ou cancer du larynx en tout début de cycle. Donc je vous ai prévue l'ablation du larynx vendredi. 

Alors là, j'étais debout et les jambes m'ont manquées. Je suis tombée assise sur ma table de salon qui se trouvait là ! Il venait de m'annoncer le début de l'enfer sans prendre de gants. 

Je lui ai demandé pourquoi vouloir m'enlever le larynx avant même d'avoir tenté les méthodes traditionnelles genre chimio ou rayons. Parce que si cela ne fonctionne pas on aurait plus de mal à opérer sur un larynx traité chimiquement. Moi de colère je !ui demande si c'est ainsi qu'il prévient ses patients par téléphone sans aucunes précautions ? Je refuse l'opération donc il me donne rdv le mardi suivant pour parler des autres solutions. 

On raccroche et là, le ciel me tombe sur la tête. Je réalise dans la solitude que moi, Isa, j'ai un cancer et que je vais peut être en mourir. Je souffre déjà de cette putain de maladie génétique rare, la syringomyélie qui me pourrie la vie et maintenant ça. 

Impossible de me retenir, je glisse à terre et là roulée en boule, je pleure comme une perdue. Je me lâche en pleine détresse. Et puis zut, j'entends des clefs dans la serrure ! Je me relève brusquement mais pas le temps de sécher mes larmes. Les boules ! Voilà Steve qui rentre plus tôt que prévu. J'ai bien voulu lui cacher en lui racontant des bêtises mais mon fils me connait trop bien. Pas dupe, il insiste mais moi je ne voulais pas le lui dire comme ça. Il insiste encore et encore et je fini par craquer et tout lui dire. Là je vous laisse imaginer la suite. Nous avons pleuré ensembles longtemps et je me suis reprise. Cette saleté de maladie ne m'aura pas. Je lutterai pour ma vie et pour mes fils sans parler de tous les gens que j'aime. 

Donc je suis partie le mardi avec ma meilleure amie car Steve travaillait, sans en parler à personne. Nous étions trois au courant. Steve, Sally et moi. 

J'ai vu le docteur et nous avons décidé que je suivrai mon traitement sur Angoulême au centre d'oncologie de l'hôpital dans le service du professeur Lefèvre. Il a transféré mon dossier et quelques jours plus tard j'ai été convoquée à l'hôpital. Mais avant j'ai réunis mes proches chez ma maman et j'ai pris mon courage à deux mains pour tout leur dire. Je préfère ne pas vous raconter la scène qui a suivie car juste à y penser, j'ai mal au coeur. Ce fut comme si l'enfer s'abattait sur eux. Surtout maman, Mumu et mon petit frère Pierre-Jean qui venait de perdre son beau frère du cancer du poumon. L'horreur ! Mais on a resserrés les liens encore plus autour de moi. 

Voilà pour la première partie. Je vous mettrais la suite ce soir car cela fait beaucoup à lire d'un coup. J'espère ne pas vous avoir lassées et que vous lirez la suite. 

À ce soir mes amies et merci d'être là pour lire ceci. Passez un bel après-midi.  Gros bisous et à ce soir.